Eosine
"Notre passé est triste, notre présent est catastrophique, mais heureusement nous n'avons pas d'avenir"
C'est fini... Et dire que c'était la ville de mon premier amour ! " Naaan, toute ressemblance avec une situation
existante s'achève avant cette dernière phrase !
Bon voilà, c'est fini. Plus de "vous etes trop rapide, vous mettez votre tasse de thé trop près du bord," plus de "Ouaouh elle a mon age
elle parait vachement plus ! " "C'est normal, c'est la coiffure, les fringues, le maquillage !" Oui c'est vrai je suis une clodo ! Plus de : "ah vous allez travaillez en grande surface ? Ben ça
va changer de rythme !" Plus de post-it partout, ben oui on est 3 c'est trop difficile de dire les choses, plus de sous-entendus implicites à décoder à deux balles- ah tiens, je
croyais avoir quitté le collège il y a un moment pourtant !
M'enfin après tout je suis parfaitement détestable aussi. Je suis mince (contrairement à elles), pas trop mal sans trop de ravalement de façade, j'ai un parcours atypique et je ne suis pas
conventionnelle. Par dessus tout, j'ai horreur de faire les choses pour l'unique raison que l'on fait comme ça depuis la nuit des temps-j'ai besoin de comprendre, insupportable remise en
question.
Je mesure la chance que j'ai de pouvoir me permettre d'envoyer valser et de remettre en cause cette situation. Ce n'est pas donné à tout le monde. Et avec des enfants et un crédit sur le dos, je
me serai sentie vraiment dans l'impasse, et je ne sais pas ce qu'il aurait pu arriver.
"Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebatir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir"...
Ces mots et la suite du poème, je me les répétais sans cesse pendant le concours de première année, pour me donner du courage, tenir jusqu'au bout.
Ils sont revenus ces jours-ci, meme si je les trouve un peu discutables.
Enfin on repart à zéro, j'aurai appris ce que j'éviterai à tout prix, gagné un peu d'argent...
Le départ sur le pas de la porte a été inexistant. "Au revoir, bon WE", et c'en est fini de neuf mois et demi de ma vie. Je n'ai pas dit aux clients que je partais. Beaucoup vont me manquer, et
puis on oublie.
C'était une expérience passionnante d'etre au coeur de la vie d'un petit village. Les familles qui s'agrandissent, les bébés qui naissent et grandissent, les personnes agés qui vieillissent.
Cette femme de plus de 80 ans charmante, qui perd la tete. Ce monsieur du meme age qui a tout sa tete, et qui flirte légèrement avec beaucoup d'humour. Cette autre femme qui démarre un second
cancer... Ces épouses dévouées à leurs maris gravement malades, qui vieillissent et jamais ne se plaignent.
Vraiment, beaucoup me manqueront.
Ce mois-ci a été plus calme, et j'ai mesuré l'extreme solitude dans laquelle je me trouvais. Qu'il y ait 10 personnes à attendre, collègue au téléphone depuis une demie-heure pour un problème
inexistant, chef en vadrouille on ne sait trop où. Qu'il n'y ait rien à faire, et personne pour discuter...
J'étais seule, seule, archie-seule.
Alors que ça peut etre tellement agréable avec une bonne ambiance !!
Enfin, elles continueront leur petit train-train. Elles sont toutes 2 coincées ensemble dans cette mouise. Et j'ai le privilège de 2 grands bonheurs perdus pour elles :
JE SUIS JEUNE, ET JE SUIS LIBRE !
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