Lundi 18 juin 2007

Hmmm l'autre jour j'ai fait une bonne boulette.
C'était une nouvelle cliente, avec ses jumelles,  il y avait des doses d'hypnotiques trop élevées, plusieurs hypnotiques, j'ai fait ma rabat-joie, comme d'hab.
Jusqu'à ce qu'elle me dise : "oui c'est normal, c'est depuis le décès de mon mari".
Bon OK éosine, maintenant tu fermes ta grande g... , et tu la joues profil bas.

Et puis... Les choses étaient dites, j'ai continué à raconter mes bêtises habituelles. Curieusement, une espèce de connivence s'est installée, avec la maman et les jumelles.
Elle est revenue plusieurs fois depuis, et il y a désormais une relation bizarre, cordiale, un peu spéciale. Je sais, elle sait que je sais, point.

Celà dit, pas facile à différencier d'un comportement de fraude, signe de dépendance à ces médicaments, qui en sont grandement pourvoyeurs.

par Eosine
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Vendredi 15 juin 2007

Une casse-pieds, le genre qui ne bosse pas et squatte chez belle-maman.. Qui n'est même pas la grand-mère de son fils.
Très exubérante, et qui a du temps à revendre, donc fatigante.
Elle est venue il y a qqs jours, sa minette de 9 mois a eu 8 chatons.... Qu'elle a tous gardés. Je lui ai dit de redonner la pilule-normal 1 mois après la mise-bas, elle recommençait à vadrouiller.
Qqs jours après plus de lait, c'est donc la faute de la pilule, au passage ma faute donc. 
Pfff je l'ai fait pour Ganesh... 8 jours après la mise bas les 2 fois. Sans aucun souci.
Elle a appelé des vétos... Alors sur la boîte, il y a noté : contre-indications : association avec les oestrogènes. Du coup elle me parle d'oestrogènes, de toute façon elle ne capte rien, c'est pas la peine.
Donc les vétos : (les vétos nous détestent, parce que l'on vend 8 % des médicaments vétos en France....), qui lui ont dit que j'avais donné des oestrogènes (mais d'où ? C'est sur ordonnance les oestrogènes, pour chienne ou femme... De toute façon ils ne connaissent pas nos gammes), qui avaient coupé la montée de lait, bref c'était totalement ma faute.
Grrrrhhh ça m'énerve, parce que je sais que j'ai fait ce qu'il fallait, et qu'à cause d'un combat de tiroir-caisse on me discrédite...

Enfin. Hier je voulais raconter un petit détail... L'autre jour à la fermeture du midi, une nénette frappe à la vitre. Je me dis que c'est peut-être une urgence, j'ouvre. Bon c'est une mycose-raté (quel culot de frapper alors que c'est visiblement fermé), et qqs minutes plus tard une cliente (retraitée) qui arrive systématiquement en retard, rentre avec sa fille alors que les lumières de la pharma sont éteintes... 

Je donne vite fait les médocs "urgents" (faut le dire vite) pour la fille, (étudiante et probablement en vacances), dit à la mère que je suis pressée et de repasser l'aprèm.
Après, je passe faire qqs courses au magasin du coin... En priant pour ne pas les croiser. Bien sûr je les aperçois une fois à la caisse... Je ne sais pas si elles m'ont vu, enverront le père l'aprèm toujours... 

Non mais !

Jusqu'à présent, je n'avais aucun problème avec les heures supp'. C'est qd même un métier de service ! Ailleurs je répugnais à fermer juste à l'heure + 2 secondes. Mais là, pas du tout, on est tellement à fond tout le temps, jamais de pause dans la journée. Et puis, aucune raison de faire des efforts !

par Eosine publié dans : Pharmacien
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Jeudi 14 juin 2007

à 14 h, c'était le jour de nos résultats de première année de pharma. Le plus grand bonheur jusqu'à présent. (Un peu triste, mais vrai).
Durant les 6 semaines d'attente (concours les 8 et 9 janvier, 2,3,4 mai), j'ai rêvé que je repassais et plantais les 4 plus grosses épreuves... Pfff les réveils je vous dis pas !
Le 14 juin, je travaillais. J'embauchais à 13h15, 3/4 d'heure avant les résultats. J'avais mon portable en vibreur dans la poche, et je triais du courrier. Je n'avais vraiment aucune idée du résultat, c'était ma première année, c'est un investissement tellement énorme, tout peut se jouer à si peu de choses, et on ne sait pas ce que les autres ont fait...

A 14h et des brouettes il vibre : c'est mon petit ami, qui m'annonce que je suis classée. J'ai mon concours ! Je ne réalise pas tout de suite, mais peu après je traverse le centre de tri pour prévenir le service de papa, la conduite. En fait il est aussi allé voir les résultats... Et m'appelle un peu plus tard. 
Je passe le WE suivant sur un petit nuage, jusqu'au début du stage le lundi suivant, où l'on redémarre à 0 : on ne connait rien de l'officine finalement. 
Je suis passée à la fac le soir : je ne connais quasi personne, je passe bizue, j'ai passé l'année la tête dans le guidon. Mes 2 copines de l'année, copine d'ED et de CM, sont recalées, et auront leur concours l'année suivante.
Le début de l'année suivante est assez bizarre. Les "concurrents" d'antan deviennent partenaires de chouille... On se regarde en chiens de faience, et un peu d'alcool plus tard il n'y parait plus rien. Le bizutage en amphi. Les 5 années suivantes, avec ce côté réconfortant : on sait ce que l'on va devenir pour les 5 prochaines années. Tiens ça, ça me manque un peu...

J'ai adoré tout ce que j'ai appris, la bota, l'écologie, la phyto, la myco, la culture gé médicale. La rigueur de la chimie ana, de la chimie thérapeutique. 

J'aimerai retrouver ce côté ancien, de soin avec les plantes, de remèdes fabriqués. Malheureusement le métier a évolué... Plus de risques, plus de vente. Nos connaissances assez peu valorisées, les relations difficiles avec les médecins, pas évident de remettre en cause en douceur certains préjugés ou certaines pratiques (oui là c'est la fan de Winckler qui parle !).

Bon et maintenant ? Il faut travailler ! (plus oui je sais... lol !)

par Eosine publié dans : Eosine
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Mercredi 13 juin 2007

Mon avenir en ce moment est totalement représentable par ce symbole : ?
J'ai refusé le poste à 120 bornes. Sommes allés voir. Il y avait des points positifs, les horaires, le salaire, le logement. Des points négatifs, la petite ville qui se meurt, l'éloignement, beaucoup de gardes que j'aurais du faire. Une garde tous les 15 jours de nuit, moi et mes 50 kgs seule face aux toxicos en manque :-S, mon sommeil déjà difficile, la journée à faire ensuite.
Et puis le logement surtout, en fait c'est ça. Un logement à dispo, ça veut aussi dire foutue dehors en cas de congé mat'. Et bon, le but d'un CDI maintenant c'est aussi (surtout) ça. 
Et sur place, je recherche la mer derrière les collines... Y'a pas, je ne peux pas m'éloigner de la mer. Après tout mon frangin est mécanicien marin embarqué, des litres de sang de navigateurs bretons coulent dans mes veines... C'est comme ça, il y a des choses que l'on n'explique pas.
Et puis j'ai tous mes potes ici, et Dieu sait qu'ils sont importants pour moi... Nos bonnes bouffes, nos parties de crash team... Et puis, mes deux dernières années de fac, nous vivions de pas grand chose, mais qu'est ce que nous étions heureux ! Bien plus que maintenant où nous n'avons pas de problème d'argent, de toute façon nous sommes tellement habitués à vivre avec peu de choses tous les 2- autolimitation quand tu nous tiens. Et nous avons assez de côté pour qqs mois, j'ai du taf jusque mi-Septembre.
Autre point d'interrogation : nous déménageons fin juin, nous ne savons pas encore où...
J'ai eu une de mes anciennes collègues au tél ce midi. Je crois que je l'ai un peu inquiétée en l'appelant le fameux samedi où l'on m'a reproché un certain nombre de choses... J'avais besoin qu'une ex-collègue me confirme que je n'étais pas un gros boulet (je sais ça peut paraître stupide, mais j'en avais besoin). A demandé mon numéro à un ex-patron, pour qui j'ai bossé en pointillés pendant 3 ans, pendant mes études. Qui lui a dit que j'aurais du venir, il m'aurait conseillée un médecin chez qui j'avais d'ailleurs projeté de consulter, pour avoir un arrêt. Tout ce soutien d'un ancien patron... Ouf, ça fait chaud au coeur ! 
Je vais tenir les derniers jours, je sais c'est con dans ces conditions là , mais ainsi je n'aurai absolument rien à me reprocher.
Je passerai les voir un de ces 4, il aura peut-être un peu de travail à me proposer. (rhhooo qui a dit que les jeunes voulaient profiter du RMI, chomâge, etc...)
Bref tous ces changements... Et ma voiture qui doit passer sa contre-visite dans un mois et qui n'est toujours pas réparée... Tout ce stress... 

Ca ira mieux demain, 'fin dans quelques mois. 

Cas de comptoir.
Une jeune femme, cliente habituelle, qui me dit quelque chose, on a du se croiser au collège, ou au lycée. Elle vient d'accoucher de son 2ème enfant. Un accouchement de rêve, 2h après l'arrivée à la mat', pas eu besoin de pousser (rrrhoo à mon avis un peu qd même !), pas d'épisio, pas de forceps. Elle est beaucoup moins fatiguée que le premier, elle allaite cette fois. Besoin de repères pour le premier, le biberon lui semblait plus simple. Et en fait elle trouve bcp plus simple d'allaiter. Pas de levers la nuit (bébé est près d'elle dans la nacelle), pas de bib, pas de stérilisation (hmmm je me vois bien à 3h du mat' avec mes 2 mains gauches, pouf par terre les bibs tout stériles ! pffff !! ). C'est ce qui me semblait
, c'était la première fois que j'entends une maman le dire.

Le cousin de mon père, qui a un traitement pour le diabète. Avec une observance, euh... Franchement mauvaise. Il est passé lundi, on n'avait pas son médicament, il ne l'avait pas pris ce jour là. Il repasse seulement aujourd'hui. D'ailleurs son ordo date du mois de décembre, on a délivré seulement 3 boîtes. Forcément quand il vient, on parle de bêtises, (Tu n'étais pas au 40 ans de ton oncle ? Nan-j'étais pas invitée ! Bieeeen !), de sa fille et de son bébé, des travaux de leur future maison. Il faudrait lui passer un petit savon... M'enfin à priori je ne le reverrai pas à la pharma.

par Eosine publié dans : Eosine
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Mercredi 13 juin 2007

Vu dans mes stats overblog : il ya quand même qq1 qui est arrivé ici en tapant : "sortir avec un string dans la rue" sur un moteur de recherche.

J'avoue, je suis perplexe...

Bon, voilà, je viens de lire un article parfaitement révoltant ici. Je décide au moins de continuer à parler pour que les femmes se rendent compte que non, ce n'est pas normal. Que la contraception est mieux suivie lorsque c'est celle que la femme choisit...

Ma chef a un jour refusé la délivrance de la pilule du lendemain à une adolescente. Elle a également prévenu l'autre pharmacie du village de ne pas la délivrer. Et après on se permet de fustiger les inconscientes qui avortent, hein...
Le refus de délivrance de la pilule du lendemain par le pharmacien est illégal. Le pharmacien a également l'obligation de délivrer une information sur la contraception, les coordonnées du planning familial. 
Si le pharmacien refuse, ne pas hésiter à rappeler que c'est illégal, et menacer d'un courrier au conseil de l'ordre des pharmaciens.

Petites histoires récentes. Les gynécos du coin ont un âge certain. Une copine, à peine arrivée, a été félicitée car elle ne portait pas de strings (signe d'enfer et de damnation), et facteur avéré (?) d'infections, selon cette femme charmante.

Non mais de quoi je me mèle !!! Soyons fous, je vais voir dans pubmed s'il y a une étude à ce sujet. Et bien non...

Une jeune femme, cet été. On commence à discuter des effets secondaires de l'implant, et de fil en aiguille elle me raconte son parcours.  Elle souffrait de douleurs pendant les règles au départ, puis un peu tout le temps. Des douleurs majeures, qui la faisait hurler lorsqu'elle urinait. La gyné lui a dit que c'était normal, "zetes une femme, zavez mal : normal, le pêché originel, tout ça."
(Je rappelle que non, les douleurs pendant les règles ne sont pas normales. Même (surtout) si toutes les femmes dans votre famille en ont souffert. Il faut toujours consulter un gyné compétent, ou un médecin gé compréhensif. N'écoutez pas ceux qui disent que c'est normal... Ca ne cache pas toujours qq chose, mais il y a des questions qui doivent être posées.)

Au final, en a parlé à son médecin gé, qui a prescrit une écho pelvienne. C'est pas comme si le gyné avait tout le matériel pour la faire au cabinet, hein. A l'écho a été découvert un kyste endométriosique de 10 cms sur les ovaires. Elle a ensuite subit une coelio, 6 mois de ménopause artificielle. Bouffées de chaleur, tout ça... Chouette à 26 ans.

Une autre pratique qui me sidère, les prescriptions de duphasto* par les gyné pour "faire revenir les règles", chez les femmes qui éprouvent des difficultés à concevoir. Ce n'est pourtant pas les règles qui contribuent à fabriquer des bébés, c'est l'ovulation... Et prendre du duphaston avant l'ovulation est le meilleur moyen de la bloquer. Et toutes les femmes n'ovulent pas à J14... Et chaque cycle est différent.
Seul point positif : la prescription "sauvage" de clomid a largement ralenti, ce qui permet d'éviter bon nombre de grossesses multiples.

Au final, c'est désespérant et hallucinant, mais ça arrive encore en France en 2007.

par Eosine publié dans : Contraception et gynéco
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